Le deuxième réacteur EPR attribué à EDF et GDF Suez30/01/2009 : Reuters Le deuxième réacteur EPR attribué à EDF et GDF Suez
La France construira bien une deuxième centrale nucléaire de type EPR de nouvelle génération et en a confié la réalisation à EDF, associé à GDF Suez, a annoncé la présidence de la République. La mise en chantier d'un deuxième EPR (European Pressurized Reactor) en France, après celui en construction à Flamanville (Manche), avait été annoncée en juillet par Nicolas Sarkozy.
"Le président de la République confirme le lancement de la réalisation d'une deuxième centrale nucléaire de type EPR en France", lit-on dans le communiqué de l'Elysée.
Ce deuxième réacteur sera construit à Penly en Seine-Maritime. EDF sera majoritaire dans la société réalisatrice et GDF Suez sera associé au projet, précise le communiqué. La construction devrait commencer en 2012 pour un raccordement au réseau en 2017.
"Ce soutien conforte la stratégie industrielle engagée par le groupe sur le long terme dans le développement de moyens de production sans CO2", s'est félicité le P-DG d'EDF, Pierre Gadonneix, dans un communiqué. "C'est également une excellente nouvelle pour l'ensemble de la filière nucléaire et pour l'emploi en France." Un argument contesté par le réseau Sortir du nucléaire. "Des études montrent que les économies d'énergie et les énergies renouvelables créent jusqu'à 15 fois plus d'emplois que le nucléaire. Le projet de construire de nouveaux EPR n'est donc pas seulement irresponsable sur le plan environnemental, il est aussi absurde sur le plan économique", a déclaré l'association écologique dans un communiqué.
EDF VEUT DÉFENDRE SON STATUT DE NUMÉRO UN. L'Elysée a un moment envisagé de lancer deux réacteurs supplémentaires, pour attribuer l'un à EDF et l'autre à GDF Suez, indiquait le quotidien Les Echos du 22 janvier. Le communiqué de l'Elysée suggère que GDF Suez pourrait participer au troisième EPR. "Dans la perspective du développement ultérieur de la filière, l'Etat reconnaît la volonté de GDF Suez d'assumer la maîtrise d'ouvrage et l'exploitation de l'EPR suivant", lit-on dans le communiqué. GDF Suez, dont la naissance a eu lieu le 22 juillet 2008, après deux ans et demi de fiançailles entre GDF et Suez, s'est engagé à détenir et exploiter des unités nucléaires de nouvelle génération à l'horizon 2020.
"C'est un atout incontestable pour la France de posséder deux grands acteurs du nucléaire, sur son territoire et à l'étranger", a déclaré Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez, dans un communiqué publié vendredi. "GDF Suez se félicite du soutien de l'État dans (sa) volonté d'être reconnu comme maître d'oeuvre et exploitant d'un prochain EPR en France lorsque celui-ci sera décidé par les autorités françaises", a-t-il ajouté.
A Abou Dhabi, en partenariat avec Total et Areva, le groupe a proposé la construction et l'exploitation de deux EPR, un projet qu'il aurait eu du mal à concrétiser s'il n'avait pas obtenu de participer au deuxième EPR français. "Il ne serait sans doute pas très facile d'expliquer à Abou Dhabi que nous voulons opérer des centrales nucléaires dans le pays (...) si nous n'étions pas considérés comme en mesure de construire un réacteur nucléaire en France", soulignait fin 2008 Gérard Mestrallet lors de l'assemblée générale des actionnaires du groupe.
Le groupe exploite sept réacteurs en Belgique d'une capacité de 5.800 mégawatts (MW) et détient une participation dans deux réacteurs en France qui représentent une capacité de 1.100 MW. De son côté, EDF est déterminé à défendre son statut de premier exploitant nucléaire mondial - avec environ 66 gigawatts (GW) installés et 58 réacteurs en France. L'électricien français a fait du nucléaire de nouvelle génération la clé de son développement à l'international, notamment dans le cadre du rachat de British Energy et de la moitié des actifs nucléaires de l'américain Constellation.
Pierre Gadonneix déclarait le 11 décembre que le groupe capitaliserait sur l'ensemble des EPR qu'il prévoit de construire - dix d'ici à 2020 -, qu'il ferait des "clones" de Flamanville et qu'il ne participerait à des projets nucléaires que s'il les pilotait. Il avait indiqué il y a une semaine que le groupe étudiait l'implantation d'un nouveau réacteur EPR sur quatre sites potentiels - Flamanville, Creys-Malville (Isère), Penly (Seine-Maritime) et Chooz - mais qu'il considérait ces deux derniers comme prioritaires.
Il avait ajouté que dans l'hypothèse où il se verrait confier la construction d'une centrale nucléaire, il envisageait d'associer au projet "un électricien allemand". D'autres groupes pourraient être associés au nouveau réacteur de Penly, indique l'Elysée. "D'autres partenaires, désireux de partager l'investissement et l'approvisionnement électrique seront invités à y participer", lit-on dans le communiqué.
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