EPR : maintenant, arrêtons les dégâts02/03/2012 : Média Part EPR : maintenant, arrêtons les dégâts
Une fois encore, le chantier de lEPR de Flamanville est arrêté. Et pas nimporte quelle partie du chantier : le bâtiment réacteur !
Ce qui devait constituer le prototype dune nouvelle génération la plus moderne, la plus sécurisée des réacteurs nucléaires, ce qui devait être la vitrine du savoir-faire français, destiné à conquérir le monde, tourne aujourdhui au grotesque, mais aussi à la gabegie.
On savait déjà que lEPR français (comme son homologue finlandais) aurait au moins 4 années de retard. On savait déjà que son coût serait plus que doublé, et que le kWh qui y sera produit sera donc le kWh nucléaire le plus cher du monde (plus que le kWh éolien). On savait aussi que cet EPR ne saurait résister à un crash davion contrairement aux engagements pris ; que les autorités de sûreté nucléaire françaises, britanniques et finlandaises ont estimé son système de commande non-conforme à la sûreté ; que la conception de lEPR de Flamanville nest pas conforme au retour dexpérience de la catastrophe de Fukushima et que sa reconfiguration entraînera retards et surcoûts supplémentaires ; et, jusquà ce que les révélations dhier leur donne une ampleur nouvelle, on savait que les malfaçons du chantier mettant en danger sa sûreté se comptaient par milliers
Que faut-il de plus pour admettre une bonne fois pour toutes que, oui, comme cela avait été affirmé dans un diagnostic particulièrement lucide, lEPR est devenu un « grand ratage industriel » ?
Quelles que soient les convictions « pro » ou « anti » nucléaires des uns et des autres, chacun semble saccorder sur le fait que les déterminants incontournables concernant la décision de poursuivre ou non lEPR sont la sûreté et le coût.
Or, plus le temps passe, plus le coût de lEPR se révèle prohibitif. Plus le temps passe, plus sa sécurité apparaît aléatoire. Plus le temps passera, plus le bon sens montrera que mettre en service une telle installation irait à lencontre de la simple responsabilité. Faut-il donc encore attendre pour prendre la bonne décision ? Faut-il encore dépenser des milliards deuros dans ce ratage, ou plutôt, au plus vite, les reconvertir dans le développement des alternatives (efficacité énergétique, énergies renouvelables) dont tout le monde convient quelles sont les solutions davenir ?
Dans quels pays du monde, un projet dont les délais et le budget ont doublé, et dont la réalisation reste aussi aléatoire serait-il poursuivi ? Tout audit véritablement indépendant montrerait quil y a plus à perdre quà gagner à un acharnement thérapeutique tentant de sauver lEPR. Les conditions sont aujourdhui réunies pour prendre la bonne décision : mettons fin à lEPR de Flamanville.
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