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L’EPR : Plus de risques, moins d’emplois…

Un nouveau réacteur EPR doit être construit à Penly près de Dieppe.

Selon le rapport de Christian Bataille et Robert Galley, rendu en février 1999, « en prenant en compte non seulement les emplois directs liés aux activités nucléaires civiles du CEA, de Framatome, d’EDF, de Cogema et de l’Andra, mais aussi les emplois indirects liés à ces organismes ou entreprises, le nombre actuel d’emplois liés à la filière nucléaire semble être d’environ 120 000 » ». 120 000 emplois pour une population active en France de 26 millions de personne…

Beaucoup d’investissement pour bien peu d’emplois…

Le nucléaire est une filière qui se caractérise par un faible nombre d’emplois tout particulièrement dans la région. Lors des arrêts de tranche le nucléaire représente moins de 2 000 emplois pérennes sur les 725 000 que compte la Haute-Normandie. Le projet EPR le confirme. Au maximum EDF prévoit 3 000 personnes sur le site pendant la durée de construction, à savoir environ cinq années. L’emploi permanent prévu en revanche, qu’il s’agisse de maintenance ou de pilotage du réacteur, reste très limité, même en ce qui concerne les arrêts de tranche.

Cette réalité illustre de façon visible le caractère particulièrement capitalistique de l’énergie nucléaire : cela signifie que pour créer de l’énergie, on a besoin avant tout de capital investi, tandis que l’on économise beaucoup sur la main d’oeuvre par rapport à d’autres modes de production. On peut ajouter que cette productivité relativement forte du nucléaire ne cesse de s’accentuer si l’on en croit les constructeurs nucléaires eux-mêmes. Ainsi, le président de l’EDF lui-même devant l’Assemblée Nationale se vante d’avoir moins d’opérateurs dans les centrales qu’aux Etats-Unis. De 600 salariés permanents en 1999 on est passé à 400 aujourd’hui.

La construction d’un nouveau réacteur de type EPR à Penly peut tout au plus amener dans la région de Dieppe des salariés des entreprises de la filière nucléaires le temps de la construction. Ils pourront certes se loger, vivre et consommer sur place mais partiront ensuite vers d’autres chantiers.

Des emplois pour les entreprises du nucléaires et non pas pour la Haute-Normandie

En effet on ne s’improvise pas travailleur du nucléaire. Construire une centrale est un chantier nettement plus complexe qu’un édifice banal. Ce sont des salariés hautement qualifiés qui interviennent. Finalement ce qui reste à la main d’œuvre locale est bien modeste. A Flamanville où se construit un premier EPR c’est à peine un quart des 2 000 salariés aujourd’hui à l’œuvre qui est originaire de la région. La moitié est constituée des employés des grandes sociétés de travaux publics qui participent à la construction. Le dernier quart est constitué de précaires qui viennent du monde entier…

Concrètement cela signifie que l’EPR représente quelques 600 emplois pour Dieppe et sa région entre 2013 et 2018. Tout au plus le chantier de Penly permettra de maintenir en l’état les secteurs du commerce et du logement dans cette partie du département percutée par la crise et qui se dépeuple. D’autres solutions existent nettement plus porteuses et favorables aux habitants de Seine-Maritime.

Il ne s’agit aucunement d’une solution durable qui permette de revitaliser le territoire et initier une nouvelle phase de développement social. Et ce n’est pas la modeste filière de formation électronucléaire du Lycée l’Emulation dieppoise qui peut changer cette réalité.

L’EPR est un projet qui ne répond pas aux attentes en terme d’emplois et de cadre de vie des dieppois et de tous les habitants du Nord de la Seine-Maritime. C’est un goutte d’eau alors qu’il conviendrait de mettre en oeuvre un vaste plan de création d’emplois qui valorise les ressources naturelles locales (granulats marins, lin, chanvre, pêche, énergies renouvelables, etc.). Mais les employeurs locaux faute d’esprit d’entreprise préfèrent des projets clefs en main qui proviennent de l’extérieur plutôt qu’imaginer des solutions locales qui respectent les populations et l’environnement.

Les ENR (Énergies naturelles et renouvelables)
Plus d’emplois, moins de risques…

Au Danemark depuis près de dix ans, l’industrie éolienne emploie plus de personnes que toute l’industrie de la pêche. Mais surtout, en Allemagne le nombre d’emplois dans l’éolien (40 000) a dépassé depuis environ un an le nombre total d’employés du secteur nucléaire (38 000). Certes, l’éolien ne produit encore que 4 % environ de l’électricité du pays contre 26 % pour le nucléaire, mais le bilan en emplois n’en est que plus spectaculaire. Les syndicats d’Outre-Rhin – et notamment le DGB y compris ses sections de l’énergie- se sont pris de passion pour les énergies renouvelables.

L’étude DETENTE [1] consiste à comparer ce qu’EDF pourrait, à dépenses égales, réaliser comme programme éolien avec la même dépense que pour un EPR. Si on considère un coût global actualisé de 86 €/MWh pour l’éolien contre 62 €/MWh pour l’EPR. Dans cette variante, la production actualisée est bien entendu supérieure pour le nucléaire. Mais la production annuelle de l’éolien dépasse celle du nucléaire à la fin de la période de construction (soit 5 500 MW d’éolien contre un EPR de 1 650 MW).L’éolien bénéficie d’une construction mieux répartie dans le temps, qui sera mieux adaptée à la demande d’électricité.

Résultats : plus d’emplois pour les énergies renouvelables dans tous les cas

L’impact en « emplois-années » de l’EPR n’est dans cette hypothèse que de 120 000 contre 440 000 pour l’éolien, soit un rapport de près de quatre. Le résultat le plus spectaculaire est l’emploi permanent, puisque l’estimation pour l’éolien se situe entre 6000 et 8000 emplois tandis que le réacteur se cantonne à créer en régime permanent seulement environ un millier d’emplois.

Les travaux réalisés par les 7 vents du Cotentin en 2006 confirment parfaitement l’expérience danoise en prenant en compte l’ensemble des énergies renouvelables et la maîtrise de la consommation. A l’échelle de l’Ouest de la France :

- une politique audacieuse d’isolation et d’économie d’énergie permettrait d’économiser près de 7.5 TWh pour un coût de l’ordre d’1 milliard d’euros. Et pour ce faire ce seraient des milliers de petites entreprises artisanales de l’habitat mais aussi des chauffagistes et des électriciens qui auraient durablement du travail
- le développement de toutes les ENR pour valoriser l’ensemble des ressources locales (bois, solaire, éolien, biomasse, etc.) permettrait de créer plus de 10 000 emplois de proximité pour un coût estimer alors à 1 500 milliards d’euros soit le tiers du budget de l’EPR.

Et surtout moins de risques…

Le nucléaire n’est pas une industrie banale. Pour produire de l’électricité, une centrale nucléaire utilise de l’uranium enrichi dont la toxicité est considérable. Pour cette raison la centrale est divisée en eux parties indépendantes : le réacteur nucléaire où la fission nucléaire produit de la chaleur ; la centrale électrique proprement dite qui transforme cette chaleur en électricité. Non seulement les pertes sont considérables entre ces deux parties (pour 4 500 MW de puissance thermique, une centrale ne produit que 1 650 d’électricité) mais le fonctionnement du réacteur est à haut risque. Sans compter les pertes en ligne du fait de la forte concentration de la production.

Une centrale nucléaire a un impact considérable sur l’environnement en raison de prélèvements d’eau massif, de rejets de produits dangereux tel le bore, le tritium ou des chlorures, de rejets thermiques en mer important qui modifient la faune et la flore. Une centrale par ailleurs produit des déchets qui concentrent pour des durées extrêmement longues une radioactivité très dangereuse. Une centrale enfin n’est jamais sûre à 100% e atteste l’incident important survenu à Paluel le 6 avril dernier.

En revanche les ENR, dont l’éolien n’est qu’un exemple, sont des énergies « propres » qui ne présentent aucune menace réelle sur l’environnement et la santé si tant est qu’elles soient installées dans le respect des populations et des territoires. Elles permettent de produire une électricité de proximité pour un prix modique qui répond aux besoins réels des usagers. Les éoliennes ne provoqueront de catastrophe telle Tchernobyl ni de déchets dont la France se débarrasse en Russie faute de pouvoir réaliser un réel « retraitement ».

Documents joints

Notes

[1] Eole ou Pluton 2003, réalisée par l’association DETENTE pour Greenpeace




Second réacteur EPR en projet