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Ségolène Royal

"La décision de lancer l’EPR a été prise par le gouvernement actuel, dans des conditions d’analyse et de débat contestables". Elle s’est engagée par écrit à "refaire le débat sur la construction de l’EPR" et à "abroger le décret de construction".

Sommaire :

1. Communiqué de presse du parti socialiste du 26 avril 2007 pour l’abrogation du décret de construction de l’EPR

2. Communiqué du Parti socialiste du 11 avril 2007 concernant la publication du décret autorisant la construction de l’EPR

3. Réponse de l’équipe de Ségolène Royal aux mails que les particuliers envoient dans le cadre de la cyberaction proposée par le Réseau Sortir du nucléaire, avril 2007

4. Libération du 28 mars 2007

5. Le Figaro du 18 mars 2007

6. Libération du 16 mars 2007

7. Lettre de Ségolène Royal du 15 mars 2007 au Réseau Sortir du nucléaire

8. La réponse de Ségolène Royal aux questions posées par le Réseau "Sortir du nucléaire" (13 novembre 2006)

 


 

1. Communiqué de presse du parti socialiste du 26 avril 2007 pour l’abrogation du décret de construction de l’EPR

Constatant que des militants écologistes occupent le chantier préparatoire à la construction de l’EPR à Flamanville depuis ce matin 26 avril, date anniversaire de l’accident de Tchernobyl, Ségolène Royal rappelle qu’elle remettra en débat la décision prise par le gouvernement de construire cette centrale nucléaire.

Ségolène Royal souligne que cette décision a été prise dans des conditions d’analyse et de débat tout à fait contestables. Le Parti Socialiste s’était opposé à ce choix, constatant avec les partenaires associés au débat public l’absence d’étude d’impact sérieuse, en particulier concernant les 150 kilomètres de ligne THT liés à la centrale. Les participants au débat avaient également critiqué la faiblesse des justifications avancées pour engager cet investissement. Ségolène Royal considère qu’on ne peut engager l’avenir énergétique de notre pays sans un débat approfondi non seulement sur l’EPR mais sur l’ensemble du dossier. Si elle élue, elle engagera ce débat au lendemain de la Présidentielle pour mobiliser les citoyens et les acteurs économiques sur trois objectifs qui doivent être conciliés : consommer moins d’énergie, car l’énergie la moins polluante est celle que l’on ne consomme pas ; développer de manière volontariste les filières d’énergies renouvelables, y compris en décentralisant en proximité leur production ; examiner l’avenir de l’énergie nucléaire.

Le décret autorisant la construction de l’EPR a été publié par le gouvernement dans la hâte, juste avant le 1er tour de l’élection. Cette pratique est un déni de démocratie. Pour respecter la transparence du débat ce décret sera abrogé.

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2. Communiqué du Parti socialiste concernant la publication du décret autorisant la construction de l’EPR

Le Parti socialiste s’étonne de la publication par le gouvernement au Journal officiel de ce jour du décret autorisant la construction de l’EPR, onze jours seulement avant le premier tour de l’élection présidentielle.

Cette décision est révélatrice d’une conception de la politique qui fait fi du débat transparent et ouvert en matière énergétique et qui illustre le passage en force qui a été la caractéristique de la méthode de la droite sur tous sujets depuis cinq ans.

Le Parti socialiste s’engage à ouvrir un débat transparent et approfondi sur l’avenir de l’EPR au lendemain de l’élection présidentielle pour définir les orientations de la politique énergétique du pays. Ce débat devra éclairer, notamment, l’intérêt de la construction dès 2007 de ce nouveau réacteur.

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3. Réponse de l’équipe de Ségolène Royal aux mails que les particuliers envoient dans le cadre de la cyberaction proposée par le Réseau Sortir du nucléaire, avril 2007.

La question énergétique, intimement liée à celle de l’environnement, est une des questions majeures que nous devrons résoudre dans les années à venir. Notre pays a pris du retard, tant du point de vue du développement des énergies renouvelables que de celui des économies d’énergie. Or nous devons préparer dès maintenant l’après-pétrole. J’ai dit que je voulais que la France soit le pays de l’excellence environnementale, et que la relance de l’Europe se fasse notamment sur cet objectif.

C’est une question de responsabilité face à une réalité, celle de la crise environnementale profonde que nous vivons, marquée par le changement climatique, la perspective de l’épuisement des hydrocarbures et les atteintes à la santé par les pollutions de toute nature. C’est aussi une question de devoir pour assurer un avenir meilleur à nos enfants. Défendre la justice sociale et l’égalité des chances, cela passe aussi par la prévention et la réparation des risques environnementaux. Nos concitoyens attendent aujourd’hui de l’Etat qu’il les protège dans un monde instable et perçu comme menaçant Or, l’Etat peut agir, efficacement s’il le veut, dans la prévention des risques environnementaux et la promotion de nouveaux comportements.

Les outils existent, ils ne sont pas utilisés. Utiliser l’arme de la fiscalité écologique pour modifier les comportements et financer les politiques environnementales, construire de nouveaux réseaux de transports en commun en ville ou en agglomération, diffuser les progrès techniques pour permettre de consommer moins, lancer un grand plan de recherche publique pour mettre au point de nouvelles énergies alternatives, favoriser la production et l’utilisation des énergies qui ont déjà prouvé leur efficacité, comme l’éolien, le photovoltaïque, l’hydraulique, la biomasse, la géothermie et les bio carburants, lancer un programme pour une meilleure isolation des logements, voilà les orientations pour s’engager dans la voie de l’efficacité énergétique. Bien entendu cela nécessitera une modification des comportements de consommation, de déplacements et des transports. Mais je crois que nos concitoyens sont conscients que c’est une nécessité, mais aussi une chance car les emplois de demain sont en grande partie dans les éco-industries.

Dans le cadre de cette politique, la part du nucléaire sera progressivement abaissée pour faire passer à 20% en 2020 la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie. J’estime tout à fait excessive la place du nucléaire dans la production électrique française. Il est donc indispensable de la réduire progressivement, dans des délais raisonnables et de diversifier nos modes de production électrique pour arriver à un bouquet énergétique.

Je déplore que la construction de l’EPR ait été décidée dans la précipitation et sans aucun débat démocratique préalable. Les enjeux n’ont pas été correctement analysés et discutés. Ainsi l’EPR correspond-il, en l’état actuel du parc nucléaire français, à un vrai besoin ? En outre, ce choix obère une partie des crédits dédiés à la recherche sur le traitement des déchets, sur les installations de la quatrième génération et sur les énergies renouvelables. On voit que c’est l’ensemble des enjeux énergétiques et des options qui devra être remis à plat.

Cette remise à plat devra se faire dans la transparence. Je m’engage à mettre fin à l’opacité qui entoure aujourd’hui le secteur nucléaire en France. Toutes les décisions relatives au nucléaire feront l’objet d’un vaste débat public alimenté par des études scientifiques incontestables. Le contrôle de ce secteur devra également être rendu plus efficace et plus crédible aux yeux des citoyens.

Enfin, l’état actuel de la recherche sur le traitement des déchets radioactifs ne permet pas d’avoir de solution entièrement satisfaisante. Il est donc indispensable d’accentuer l’effort de recherche dans ce secteur. Mais l’enfouissement est certainement une solution préoccupante pour l’avenir : il ne me paraît pas possible, dans l’état actuel des connaissances et des techniques, de s’engager dans une telle voie.

Ségolène Royal

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4. Libération du 28 mars 2007

Si je suis élue, le débat énergétique sera ouvert, au Parlement mais aussi dans tout le pays. Et les enjeux financiers mis sur la table. Pour l’instant, le décret de construction de l’EPR n’a pas été publié. J’aurai donc le temps de remettre à plat ce dossier avant la fin de l’année. Je rappelle que, lors du débat parlementaire décidant l’EPR, les socialistes ont voté contre, dénonçant le manque de transparence et de débat. Ces enjeux engagent notre pays sur plusieurs décennies, je considère que cela concerne les Français. L’EPR, c’est 3 à 4 milliards d’euros, ce n’est pas rien. La question est de savoir où il faut investir cet argent par rapport aux enjeux énergétiques de la France. Il y a aussi des risques de dissémination nucléaire dont la France ne peut pas se désintéresser ! Peut-être ferions-nous mieux d’investir dans les énergies renouvelables, de parier sur l’amélioration technologique dans ce domaine. Si je me sens prête à affronter le lobby du nucléaire ? Oui. Je suis dans le gagnant-gagnant, je vais remettre leur intelligence au service d’une recherche intelligente. Je dirai aux ingénieurs : « Vous qui êtes plus intelligents que tout le monde parce que c’est votre métier, vous avez l’obligation de mettre votre intelligence au service du débat citoyen. Si vous n’êtes pas capables de répondre à un certain nombre de questions, c’est peut-être que vous n’allez pas dans la bonne direction. »

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5. Le Figaro du 18 mars 2007 :

« La France ne pourra pas se passer du nucléaire, mais nous devons en premier lieu limiter sa place dans la consommation énergétique », a déclaré la candidate socialiste, qui a pris devant Nicolas Hulot l’engagement de « ramener la part de l’électricité d’origine nucléaire à 50% d’ici 2017 ». Elle s’est également engagée par écrit à « refaire le débat sur la construction de l’EPR ».

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6. Libération du 16 mars 2007 :

« La décision de lancer l’EPR a été prise par le gouvernement actuel, dans des conditions d’analyse et de débat contestables. Au Parlement, aucune étude d’impact n’a été présentée. Lors du débat public, la question « à quoi sert l’EPR ? » n’a jamais été posée clairement. Aucune justification précise n’a été apportée, non plus, au choix géographique de Flamanville, et aux 150 kilomètres de lignes THT qui en ont découlé. Un débat tronqué ne peut servir de base à une décision aussi lourde sur le plan structurel et budgétaire (3,3 milliards d’euros). Je souhaite donc engager, rapidement, un débat sur la question de l’avenir énergétique de notre pays et mobiliser les citoyens ainsi que les acteurs économiques sur trois objectifs : consommer moins d’énergie, développer de manière plus volontariste des filières d’énergies renouvelables et examiner l’avenir de l’énergie nucléaire. »

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7. Lettre de Ségolène Royal du 15 mars 2007 au Réseau Sortir du nucléaire

Monsieur,

J’ai bien pris connaissance de votre lettre relative aux cinq manifestations qui rassembleront le 17 mars prochain les opposants à la construction de l’EPR à Flamanville.

Vous savez que j’ai pris des engagements précis et forts sur la politique énergétique que je souhaite mettre en oeuvre.

Comme je l’ai déjà expliqué à différentes reprises, je considère que la décision de lancer l’EPR a été prise par le gouvernement actuel dans des conditions d’analyse et de débat tout à fait contestables. Au Parlement, aucune étude d’impact n’a été présentée, et rien n’a été fait pour une réelle diversification de notre mix énergétique. Lors du débat public, la question "à quoi sert l’EPR ?" n’a pas été posée dans toutes ses dimensions, ni en termes de besoins de consommation, ni en termes de maintien du savoir faire industriel ou d’enjeux commerciaux. Aucune justification précise n’a été apportée, non plus, quant au choix géographique de Flamanville et à la nécessité qui en découle de construire 150 kms de lignes THT.

Je considère qu’on ne peut engager l’avenir énergétique de notre pays sans un débat approfondi non seulement sur l’EPR mais sur l’ensemble du dossier. J’engagerai donc ce débat.

Ce débat doit mobiliser les citoyens et les acteurs économiques sur trois objectifs qui doivent être conciliés :

1. Consommer moins d’énergie, car l’énergie la moins polluante est celle que l’on ne consomme pas,

2. Développer de manière volontariste les filières d’énergies renouvelables, y compris en décentralisant en proximité leur production,

3. Examiner l’avenir de l’énergie nucléaire.

Le débat doit être un débat de vérité mobilisateur, donc participatif. L’enjeu est considérable, il nous engage au moins pour un demi siècle.

L’objectif de 20% d’énergie renouvelable d’ici 2020 sur lequel je me suis engagée, et que vient de reprendre à son compte l’Union européenne, ne s’obtiendra pas dans le cadre actuel.

Voilà pourquoi le débat sur l’énergie doit être remis globalement à plat pour que nos choix nationaux nous engagent collectivement. La mutation nécessaire requiert la participation de tous. Celle-ci ne sera possible que dans le cadre de décisions prises dans la transparence.

Je vous prie de croire, Monsieur, en l’assurance de mes salutations distinguées.

Ségolène Royal

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8. La réponse de Ségolène Royal aux questions posées par le Réseau "Sortir du nucléaire" (13 novembre 2006)

La question énergétique, intimement liée à celle de l’environnement, est une des questions majeures que nous devrons résoudre dans les années à venir. Notre pays a pris du retard, tant du point de vue du développement des énergies renouvelables que de celui des économies d’énergie. Or nous devons préparer dès maintenant l’après-pétrole. J’ai dit que je voulais que la France soit le pays de l’excellence environnementale, et que la relance de l’Europe se fasse notamment sur cet objectif.

C’est une question de responsabilité face à une réalité, celle de la crise environnementale profonde que nous vivons, marquée par le changement climatique, la perspective de l’épuisement des hydrocarbures et les atteintes à la santé par les pollutions de toute nature. C’est aussi une question de devoir pour assurer un avenir meilleur à nos enfants. Défendre la justice sociale et l’égalité des chances, cela passe aussi par la prévention et la réparation des risques environnementaux. Nos concitoyens attendent aujourd’hui de l’Etat qu’il les protège dans un monde instable et perçu comme menaçant Or, l’Etat peut agir, efficacement s’il le veut, dans la prévention des risques environnementaux et la promotion de nouveaux comportements.

Les outils existent, ils ne sont pas utilisés. Utiliser l’arme de la fiscalité écologique pour modifier les comportements et financer les politiques environnementales, construire de nouveaux réseaux de transports en commun en ville ou en agglomération, diffuser les progrès techniques pour permettre de consommer moins, lancer un grand plan de recherche publique pour mettre au point de nouvelles énergies alternatives, favoriser la production et l’utilisation des énergies qui ont déjà prouvé leur efficacité, comme l’éolien, le photovoltaïque, l’hydraulique, la biomasse, la géothermie et les bio carburants, lancer un programme pour une meilleure isolation des logements, voilà les orientations pour s’engager dans la voie de l’efficacité énergétique. Bien entendu cela nécessitera une modification des comportements de consommation, de déplacements et des transports. Mais je crois que nos concitoyens sont conscients que c’est une nécessité, mais aussi une chance car les emplois de demain sont en grande partie dans les éco-industries.

Dans le cadre de cette politique, la part du nucléaire sera progressivement abaissée pour faire passer à 20% en 2020 la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie. J’estime tout à fait excessive la place du nucléaire dans la production électrique française. Il est donc indispensable de la réduire progressivement, dans des délais raisonnables et de diversifier nos modes de production électrique pour arriver à un bouquet énergétique.

Je déplore que la construction de l’EPR ait été décidée dans la précipitation et sans aucun débat démocratique préalable. Les enjeux n’ont pas été correctement analysés et discutés. Ainsi l’EPR correspond-il, en l’état actuel du parc nucléaire français, à un vrai besoin ? En outre, ce choix obère une partie des crédits dédiés à la recherche sur le traitement des déchets, sur les installations de la quatrième génération et sur les énergies renouvelables. On voit que c’est l’ensemble des enjeux énergétiques et des options qui devra être remis à plat.

Cette remise à plat devra se faire dans la transparence. Je m’engage à mettre fin à l’opacité qui entoure aujourd’hui le secteur nucléaire en France. Toutes les décisions relatives au nucléaire feront l’objet d’un vaste débat public alimenté par des études scientifiques incontestables. Le contrôle de ce secteur devra également être rendu plus efficace et plus crédible aux yeux des citoyens.

Enfin, l’état actuel de la recherche sur le traitement des déchets radioactifs ne permet pas d’avoir de solution entièrement satisfaisante. Il est donc indispensable d’accentuer l’effort de recherche dans ce secteur. Mais l’enfouissement est certainement une solution préoccupante pour l’avenir : il ne me paraît pas possible, dans l’état actuel des connaissances et des techniques, de s’engager dans une telle voie.

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